Aux Etats-Unis, les congés doivent être négociés à l’embauche

Souvent idéalisé par les européens en quête d’expatriation, le marché du travail américain présente un cadre juridique très différent du nôtre. Les travailleurs ont depuis longtemps pris l’habitude de tout négocier à l’embauche avec leurs employeurs, les deux parties étant confrontées à une réglementation très libérale.

Les congés payés n’échappent pas à la règle. Il est aujourd’hui possible pour un employeur de choisir de ne pas en accorder à ses employés.  

Une situation difficile et inégale

Les Etats-Unis restent en 2022 le seul grand pays industrialisé à ne pas encadrer strictement l’octroi de congés payés sur son marché du travail. Une étude datée de 2017 révèle que la moyenne nationale des congés payés s’élevait à 22,6 jours par an. A titre comparatif, les Français bénéficiaient la même année de 33 jours de congés annuels. Mais si la différence se voit déjà à travers ces chiffres, elle est encore plus marquée lorsque l’on s’intéresse à la réalité de certains secteurs.

Les travailleurs précaires sont nombreux aux Etats-Unis. Beaucoup de salariés n’ont tout simplement pas de congés payés, et travaillent à court terme sans réelle perspective d’avenir au sein de leur entreprise. Le contrat écrit n’est même pas une obligation. A cela s’ajoute la triste réalité du nombre de congés pris. Les travailleurs à temps complet prennent en moyenne 17 jours par an, sur les 23 qui leur sont offerts. Par manque de moyens, ou par simple crainte de la réaction de leur employeur.

La culture du travail intensif existe bel et bien aux Etats-Unis, et les employés préfèrent souvent renoncer à leurs congés afin de privilégier la réussite de leur carrière. Un stress permanent s’installe parfois dans le travail, par crainte d’être mal vu au sein de l’entreprise. Plusieurs études récentes indiquent que les employés à temps plein aux Etats-Unis travaillent en moyenne près de 45 heures par semaine, dépassant presque systématiquement les horaires indiquées dans leur contrat de travail. Le problème est tel que certaines entreprises, comme Goldman Sachs, tentent de réagir avec la mise en place de congés illimités et de périodes de repos forcés.

La loi américaine est plus laxiste que la loi française sur de nombreux points. L’employeur n’a par exemple aucune obligation de prendre en charge les congés de maternité payés de ses employés. Certaines salariées se voient forcées de retourner au travail dans les jours qui suivent l’accouchement. Ici aussi, le droit au congé maternité se négocie à l’embauche, et offre un argument d’attractivité supplémentaire aux entreprises qui acceptent de faire des concessions. A titre comparatif, le congé maternité en France peut durer de 16 à 26 semaines en fonction des situations.

Le congé maladie existe quant à lui depuis 1993 et le FMLA (Family and Medical Leave Act). Tout salarié ayant signé un contrat longue durée peut s’absenter pour des raisons médicales. 12 semaines peuvent être octroyées, à condition d’avoir plus d’un an d’ancienneté dans l’entreprise. Les Américains bénéficient par ailleurs de 11 jours fériés, un moindre mal.