Qu’est-ce que le congé d’affirmation de genre ?

Cette nouvelle mesure commence à être mise en place dans plusieurs entreprises à travers le monde. Le congé d’affirmation de genre vise notamment à soutenir les employés transgenres dans leur transition.

L’entreprise ANZ saute le pas à son tour

La nouvelle date du début du mois. La banque ANZ, basée à Melbourne en Australie, a décidé de mettre en place une semaine de congés supplémentaire pour tous ses salariés engagés dans une phase de transition de genre. Pour les employés concernés, il sera également possible de prendre jusqu’à 12 mois de congés sans solde.

L’entreprise justifie notamment sa décision par la nécessité de réagir aux discriminations persistantes dans le monde professionnel. Les personnes transgenres sont statistiquement confrontées à un taux d’emploi et à des revenus moins élevés. Des écarts souvent provoqués par des problèmes d’inclusivité sur les plans sociaux et juridiques.

La reconnaissance du genre au travail est une étape sociologique non négligeable. En mettant en place ce congé exceptionnel, ANZ souhaite ainsi soutenir les démarches et offrir davantage de temps à ceux qui souhaitent entamer une transition.

En mars, la chaine de supermarchés australienne Coles en avait fait de même, emboitant le pas de grands groupes internationaux comme Westpac et Allianz dans le soutien de ses employés.

Au Canada, la chaine de brasserie Molson Coors va même jusqu’à s’engager à accompagner financièrement les traitements et les procédures de chirurgie liées à l’affirmation de genre. Ces entreprises s’engagent publiquement, mais aussi dans les faits, à soutenir la diversité, l’inclusion et l’équité en interne.

Un congé pour accompagner et les démarches juridiques et médicales

L’affirmation de genre est un processus souvent long et chronophage, qui ne se limite pas uniquement à la vie privée. Le milieu professionnel est souvent concerné à différents niveaux, dans les procédures légales pour changer d’identité, mais aussi dans la prise en considération des rendez-vous médicaux, des thérapies, des opérations et des phases de repos après les procédures médicales. Dans de nombreux pays, aucune forme de congés systématique n’est à ce jour prévue pour ces opérations.

Des initiatives internes nécessaires pour compenser les écarts

Sur le plan légal, l’accompagnement des démarches engagées par les personnes transgenres est loin d’être systématique. Dans ce contexte, les initiatives spontanées pour la protection et l’accompagnement de ces personnes deviennent un argument de recrutement pour les entreprises, qui améliorent par la même occasion leur image de marque. Mais le rôle des syndicats dans cette transition ne doit pas non plus être minimisé.

Plusieurs associations militent continuellement en France pour faciliter la création d’un plan de transition dans les conventions collectives des entreprises. Mettant en avant le rôle à jouer pour l’entreprise dans le cadre de la protection contre la discrimination et le harcèlement, les syndicats insistent sur la nécessité de définir clairement la responsabilité de l’employeur dans le cadre d’une telle phase de transition. Information des employés, mise à jour des documents officiels liés à l’activité professionnelle, congés médicaux… grâce à ces initiatives, la transition de genre en milieu professionnel commence à être comprise et encadrée dans certaines organisations.