Tout savoir sur les jours fériés

Les jours fériés, ces jours que l’on considère comme des jours de vacances, des occasions de poser des congés pour bénéficier d’une semaine de coupure. Ces jours dont tout salarié guette discrètement l’arrivée sur le planning. Ils sont au nombre de 11, et sont répartis tout au long de l’année.

Mais que sait-on vraiment à leur sujet ? Par exemple, qui a décidé que ces jours étaient fériés, et pourquoi ? Quelle est leur histoire ?

Voici sans attendre tout ce qu’il faut savoir sur nos jours fériés !

Les jours fériés dans le code du travail 

Les jours fériés, sont généralement apprécié, et attendus par les salariés. Mais attention, les jours fériés ne sont pas forcément des jours on l’on ne travaille pas.

Travail et rémunération

En effet, même s’ils sont inscrits dans le code du travail, celui-ci ne précise nulle part que les jours fériés doivent automatiquement être chômés.

Sauf pour les jeunes salariés et apprentis de moins de 18 ans. Pour ces derniers, le repos pendant les jours fériés est obligatoire sauf si les accords d’entreprise et les conventions collectives mentionnent des particularités.

Même si les jours fériés sont traditionnellement chômés dans la plupart des entreprises, c’est la convention collective et les usages qui définissent le cadre du travail pendant ces jours spéciaux.

De plus, le code du travail mentionne que si un jour férié est chômé, il peut donner lieu à une baisse de salaire. La loi du 8 aout 2016 vient toutefois préciser ce point en accordant une rémunération normale si le salarié a plus de 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Seules les personnes qui travaillent à domicile, les intermittents et les intérimaires ne sont pas concernés par ce dispositif.

Enfin, les heures non effectuées pendant les jours fériés ne sont pas récupérables et Il faut savoir que si un jour férié tombe pendant une période de congés payés, il n’est pas sujet à un repos de compensation.

Le 1er mai fait exception, car il est obligatoirement chômé, sauf pour certaines professions spécifiques et des services qui ne peuvent pas interrompre leur fonctionnement. Et c’est le seul jour férié qui ouvre obligatoirement le droit à une majoration du salaire s’il est travaillé.

Les ponts

Lorsque l’entreprise décide d’une interruption collective du travail entre un jour de repos hebdomadaire et un jour férié, il est possible pour les salariés de récupérer les heures perdues. Ces modalités de récupération des heures perdues sont fixées par les accords et conventions collectives avec certaines limites :

  • Les heures sont récupérables pendant douze mois, avant ou après leur perte.
  • Elles ne peuvent pas être réparties uniformément sur toute l’année, ni augmenter le temps de travail de plus d’une heure par jour ou de huit heures par semaine.
  • Elles sont rémunérées au tarif horaire normal du salarié.

Le jour de Pentecôte

Le lundi de Pentecôte est traditionnellement désigné comme journée de solidarité car il était initialement fixé comme tel par Jean Pierre Raffarin.

Cependant, depuis 2008, les entreprises ne sont plus obligées de le choisir comme jour de solidarité. Il est donc depuis 2008 un jour férié comme les autres.

La journée de solidarité doit cependant s’effectuer lors d’un autre jour férié, ou au détriment d’une journée de RTT ou de 7 heures de travail supplémentaires réparties sur l’année. Le choix des conditions dans lesquelles s’effectue ce temps de travail solitaire se fait selon les accords ou les conventions collectives, ou sur décision de l’employeur.

Rappel : Les stagiaires ne sont pas concernés par la journée de solidarité.

Origine & Histoire des jours fériés

Les jours fériés (du latin « feriatus » : fêter, chômer) sont à l’origine des jours de fêtes. Permettant d’organiser la vie en société conformément au respect des préceptes religieux et de la Patrie. La France ayant été un pays principalement catholique pendant des siècles.

Fêtes religieuses ou hommages civils, l’histoire de France et l’Eglise ont décidé de nos 11 jours fériés actuels.

En effet, nos 11 jours fériés français trouvent leur origine autant dans le contexte religieux que dans le contexte historique du pays. Les jours fériés « historiques » sont à date fixe tandis que les jours fériés « religieux »

Les jours fériés historiques

Le 1er mai

Il tient ses origines des Etats-Unis, en 1886, le 1er mai, les travailleurs américains bénéficient enfin de la journée de 8 heures, revendiquée depuis 2 ans par les syndicats. De plus, le 1er mai correspondait, à cette époque, au premier jour comptable de l’année pour les entreprises.

Cependant, le nombre de travailleurs bénéficiant de cette mesure étant réduit (seulement 200000 à travers les USA), de violentes grèves et affrontements ont lieu à Chicago conduisant à une vingtaine de morts et la condamnation de 8 ouvriers à la prison à perpétuité ou à la pendaison. Ces derniers seront tout de même libérés face au manque de preuves.

A la même époque, les Européens ont l’idée d’une journée nationale de revendications. La première se déroule en France pendant l’année 1890. Les travailleurs y revendiquent alors également une journée de travail de 8 heures, arborant un triangle rouge comme symbole du travail, du sommeil et du temps libre. Cette revendication sera finalement adoptée près de 30 ans plus tard par la loi.

Le 26 avril 1946, le 1er mai devient officiellement un jour chômé, puis 2 ans plus tard, il devient férié et chômé.

Victoire 1945 (8 mai 1945)

Ce jour férié marque la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie. Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule, cela marque la fin de la seconde guerre mondiale qui ravage l’Europe.

Il faut savoir que la reddition de l’armée allemande est préalablement signée à Reims le 7 mai 1945. Mais Staline exige qu’elle soit signée à Berlin. Une nouvelle signature officielle a donc lieu le 8 mai à Karlshorst dans la banlieue berlinoise.

En 1946, une loi prévoit la commémoration de cet événement le 8 mai de chaque année si cette journée tombe un dimanche, ou le dimanche d’après. Au fil des années, les anciens combattants réclament que la journée du 8 mai soit reconnue comme jour férié et chômé. Le 20 mars 1953, la loi française reconnait le 8 mai comme jour férié, mais pas chômé, jusqu’au 11 avril 1959, date à laquelle le président Charles de Gaulle renoncera à ce jour férié dans le cadre d’une politique de réconciliation avec l’Allemagne.

En 1975, Giscard d’Estaing décide dans cette même logique de supprimer les commémorations de la victoire alliée.

Ce n’est qu’en 1981 que le 8 mai, sous la présidence de François Mitterrand que le 8 mai 1945 est officiellement rétabli en tant que jour férié, et inscrit comme tel dans le code du travail.

Le 14 juillet

Le 14 juillet est la fête nationale de la République française. Ce jour de fête nationale a été instauré par la loi du 6 juillet 1880 comme jour de fête national afin de célébrer la république.

C’est le député Benjamin Raspail qui propose cette date dans un projet de loi le 21 mai 1880. Si la date de la prise de la Bastille (14 juillet 1789) est perçue comme trop sanglante selon de nombreux parlementaires, le 14 juillet est aussi la date de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790).

Avant la promulgation de la loi du 6 juillet, la fête nationale n’a pas toujours eu lieu le 14 juillet.

La « fête de la fondation de la République », était par exemple célébrée le 22,23, ou 24 septembre de chaque année, de 1793 à 1803.

Sous le règne de Napoléon Bonaparte, la fête nationale a lieu le jour de son anniversaire, le 15 août.

A la Restauration, Louis XVIII reprend le pouvoir après l’abdication de Napoléon et la fête nationale est alors célébrée le 25 août, jour de la Saint-Louis. Lui succède Charles X et la fête nationale change de nouveau pour être célébrée le 24 mai, jour de la Saint-Charles.

La monarchie de Juillet réinstaure la Saint-Louis comme fête officielle jusqu’au Second Empire, ou la Saint-Napoléon redevient une fête officielle. Tandis que le 14 juillet est surtout célébré clandestinement.

L’armistice de 1918

Le 11 novembre trouve ses origines à la suite de la signature de l’armistice de 1918, signée dans un wagon-restaurant, à Compiègne en France, et en présence des représentants de tous les pays Alliés : la France, Le Royaume-Uni, les Etats-Unis ainsi que la Russie et de Matthias Erzberger, alors représentant du gouvernement Allemand.

Toutefois, l’armistice du 11 novembre n’avait pas à l’origine vocation à mettre fin à la Première Guerre Mondiale.

En effet, il s’agissait en premier lieu d’une trêve qui devait durer 36 jours. Celle-ci fût reconduite plusieurs fois avant la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919.

Un an plus tard, est émise l’idée de rendre hommage aux morts anonymes de la Grande Guerre. Une dépouille d’un soldat non identifié, choisi à Verdun est placée le 11 novembre 1920dans la chapelle de l’Arc de triomphe, à la suite d’une loi votée à l’unanimité. Il sera inhumé le 28 janvier 1921 dans la tombe du soldat inconnu. Trois ans plus tard, André Maginot y allumera la flamme du souvenir, qui ne s’éteint jamais.

Le 11 novembre ne devient un jour férié qu’à partir de 1922.

Le 1er janvier

C’est le premier jour de l’année selon le calendrier grégorien. il est donc célébré par de nombreuses cultures et généralement aussi férié.

Le premier janvier n’a pas toujours été le premier jour de la nouvelle année. Il ne le devient qu’à partir de l’édit de Roussillon (9 août 1564) sous Charles IX.

Du VIe au VIIe siècle, il est célébré le 1er mars comme le veut le style vénitien. De 800 à 814 (sous Charlemagne) on commence une nouvelle année à Noël. De 987 jusqu’au VXe la nouvelle année débute le jours de Pâques.

Les jours fériés religieux

Le lundi de Pâques

Le lundi de Pâques n’est pas un jour fixe. Il tombe le lendemain du jour de Pâques.

Cette fête est une célébration très ancienne qui se déroule à l’origine pendant une semaine, après le dimanche de la Résurrection. On la nomme selon les lieux, semaine de Pâques, semaine sainte, semaine du renouveau ou semaine radieuse. Cette semaine est traditionnellement fériée, mais les concordats de 1801 ne conservent comme jour férié que le lundi de Pâques.

L’Ascension

L’Ascension marque selon la religion chrétienne, la dernière fois ou Jésus se réunit avec ses disciples après la résurrection, et son élévation aux cieux à Béthanie-au-delà-du-Jourdain. C’est la fin de la présence sur Terre de Jésus, et le symbole de la vie éternelle à laquelle les hommes sont destinés.

Il semble que cette fête soit célébrée depuis la fin du Ive siècle.

Elle intervient 40 jours après Pâques et annonce aussi l’arrivée du Saint-Esprit. Le jeudi de l’ascension a normalement lieu chaque année entre le 30 avril et le 3 juin.

Le lundi de Pentecôte

La Pentecôte représente selon l’église catholique le jour ou le Saint Esprit se révèle à Marie et aux apôtres. Ceux-ci étant réunis avec des fidèles pour célébrer Chavouot (don de la Torah par Dieu aux juifs sur le mont Sinaï), ils reçoivent l’esprit saint et commence à baptiser les premiers chrétiens, en créant l’Eglise.

Le lundi de Pentecôte arrive 50 jours après Pâques. Il faut noter que Pentecôte vient du grec « πεντηκοστός », pentēkostós signifiant cinquantième.

Ce jour est entre 2004 et 2008 un jour férié particulier pour les salariés français, car désigné comme journée de solidarité fixe par la loi.

Depuis le 16 avril 2008, les entreprises peuvent librement choisir le moyen de prévoir 7 heures de travail non rémunérées pour les salariés ayant un contrat de 35h. La journée de solidarité n’est donc plus obligatoirement fixée le lundi de Pentecôte.

L’Assomption

Le 15 Août marque la « mort » et la montée au ciel de la Vierge Marie. Rien à voir donc avec l’ancienne fête nationale sous Napoléon.

Cette célébration est commune à l’église catholique et à l’église orthodoxe. L’Assomption de Marie (également appelée Dormition), est fêtée dès le VIIIe siècle. Mais le terme d’Assomption ne paraît qu’en 1950, quand le pape Pie XII rend officiel son dogme.

Il ne faut pas confondre Assomption et Ascension. Même si les deux termes font référence à l’élévation, le premier concerne la Vierge Marie, et le second concerne Jésus-Christ.

C’est le roi Louis XIII, qui décide de rendre ce jour férié. En effet, lui et sa femme, Anne d’Autriche peine à concevoir un héritier. Il se met alors à prier la vierge Marie. Puis comme par miracle, en 1638, né un héritier qui deviendra plus tard Louis XIV.

La Toussaint

Le 1er novembre a lieu la Toussaint, qui comme son nom l’indique, commémore tous les saints. Mais les origines de cette fête ne se trouvent vraisemblablement pas dans les écrits bibliques. Elle célébrait aussi, à l’origine toues ceux mort en martyrs.

D’ailleurs, la fête des saints avait lieux, sous le pape Boniface IV, tous les 13 mai. Ce n’est qu’en l’an 611, que le pape Grégoire III décide de choisir le 1er mai pour célébrer tous les saints. Imposée au monde entier par le pape Grégoire IV vers l’an 835, la Toussaint ne devient officiellement une des huit fêtes religieuse qu’au XXe siècle.

Sachez également que la Toussaint est rétablie par Napoléon en 1802 après avoir été supprimée durant la Révolution.

Noël

Ce jour commémore à l’origine la naissance de Jésus de Nazareth. La période exacte de cet événement reste encore discutée par les historiens qui l’estime entre -5 et -7 avant notre ère. Les premières célébrations catholiques de cet événement sont mentionnées à partir de 336 à Rome.

Son origine religieuse est la plus connue, mais le solstice d’hiver est célébré depuis des lustres par nombre de croyances et traditions païennes.

Par exemple, en 274, l’empereur Aurélien fixe en date du 25 décembre une fête « Dies Natalis Solis Invicti » (Jour de naissance du soleil invaincu) pour célébrer le culte de « Sol Invictus » le Soleil Invaincu. Cette date correspond également au jour de naissance de Mithra, divinité solaire.

Le Noël d’aujourd’hui est une fête célébrée à travers le monde entier par différentes communautés croyantes ou non-croyantes et ce phénomène s’est amplifié avec la popularisation du personnage du Père-Noël par Charles Dickens en 1843.

En effet, depuis le XXe siècle, elle est surtout l’occasion de se retrouver en famille pour partager un bon repas et échanger des présents.